Quelles sont les personnes qui visitent les communautés ? Pourquoi ?Les visiteurs viennent parfois pour aider la population locale. Mais nombreux sont ceux qui, dans la poursuite de leurs propres intérêts, n’entendent ni l’aider ni lui faire du tort. Néanmoins, même s’ils n’ont pas d’intention hostile, ils ne sont peut-être pas conscients des répercussions possibles de leurs activités. D’autres, encore, planifient de tirer parti de la population locale et préféreront probablement cacher leurs véritables intentions. Pour diverses raisons, donc, il n’est pas inutile de chercher à savoir qui sont ces visiteurs et pourquoi ils sont venus. Comportement des Touristes : Les touristes sont normalement des visiteurs pressés qui voyagent en groupe, bien que certaines personnes viennent toutes seules pour s’adonner à leurs loisirs, par exemple à la découverte des paysages, à la marche, aux bains de soleil et au ski. Le tourisme de masse envoie un grand nombre de personnes dans certaines localités où des hôtels et autres installations ont été construits pour les accueillir. Mais beaucoup de personnes dans les pays industrialisés sont insatisfaites du tourisme de masse et préfèrent voyager en plus petit groupe pour être plus directement en contact avec la nature et la population locale.
Le tourisme peut avoir de vastes répercussions sur les cultures autochtones. La vente d’objets d’artisanat et artistiques peut rapporter des sommes intéressantes à nombre de communautés mais la demande débouche parfois sur une production de masse, donc sur une détérioration de la qualité et sur la production d’imitations par des étrangers qui trompent parfois les touristes sur l’origine de leurs marchandises ( voir Blundell 1993 pour des exemples au Canada ). Les touristes aiment assister à des représentations d’art de la scène et à des cérémonies traditionnelles mais comme ces activités sont modifiées et banalisées pour les amuser, elles peuvent accélérer la destruction de l’identité culturelle d’un peuple. Idéalement, les peuples autochtones devraient disposer d’une autonomie politique qui leur permette soit de contrôler l’accès des touristes comme le font les Kuna du Panama et la Fédération Awa de l’Équateur à l’égard des chercheurs, soit d’administrer eux-mêmes les activités touristiques ( peut-être dans le cadre d’une stratégie de développement local comprenant un élément de conservation ). Autrement, il se peut qu’ils soient exploités comme l’a été le peuple Toraja en Sulawesi.
Les peuples autochtones doivent s’attendre à rencontrer plusieurs types de tourisme : tourisme vert, tourisme d’aventure et tourisme contrôlé par la communauté.
Exemple du Tourisme vert à Tana Toraja :
Le peuple Toraja de Sulawesi, en Indonésie, est récemment devenu une grande attraction touristique à cause de ses cérémonies funéraires spectaculaires, de ses falaises de tombes ornées d’effigies à l’architecture élaborée, qui sont en passe de devenir « des images internationales d’une culture exotique séduisante ». Les touristes reprochent maintenant aux communautés Toraja de s’être trop commercialisées sous l’effet de leur popularité. Réagissant à ces critiques, le gouvernement local a désigné certaines communautés et falaises d’enterrement comme des « objets touristiques », et a formé une équipe de consultants ( parmi lesquels on ne retrouvait aucun représentant des Toraja ) pour planifier un système de zonage. Selon une des propositions, les maisons et tombes traditionnelles seraient préservées dans certaines zones, mais à condition d’obtenir la permission de centaines, voire de milliers de personnes associées à chacun de ces objets. Selon une autre proposition, il faudrait créer une « zone hors traditions », où les Toraja exécuteraient leurs rites et danses de vie et de mort devant un auditoire de touristes, même si la tradition interdit que ces rites soient mélangés. Incapables de comprendre la culture Toraja, les consultants n’ont réussi qu’à fomenter des ressentiments et des rivalités entre divers segments de la société Toraja. En 1987, plusieurs communautés ont refusé d’accepter des touristes. Cependant, elles ont bientôt rouvert leurs portes pour continuer le commerce des souvenirs dont elles étaient devenues dépendantes.
Cet exemple montre que l’exploitation commerciale d’un bien culturel peut devenir irréversible et contribuer à la perte d’autonomie d’une population.
source : www.idrc.ca